Le village de Cucuron est certainement l’un des plus beaux villages du Vaucluse, une pépite qu’il faut prendre le temps de découvrir, une étape incontournable lors d’une visite dans le Sud Luberon. Idéalement situé près de Vaugines et Ansouis, le village de Cucuron est un magnifique village typiquement provençal d’un charme suranné. Prenez le temps de déguster une glace au bord de son immense bassin, de flâner dans ses ruelles où l’on trouve de belles façades de maisons des 17ème et 18ème siècle, ou bien encore d’admirer les toits rougir au coucher du soleil depuis le donjon Saint Michel.

Le Bassin de l’Étang

Le lieu incontournable de Cucuron, c’est le bassin de l’Étang, vaste plan d’eau au cœur du village, bordé de platanes majestueux plantés pour la plupart en 1813, juste après l’Empire. Ce lieu insolite, à la fois rafraîchissant et apaisant, servait autrefois de réserve d’eau pour les nombreux moulins à farine installés en aval. Le bassin est alimenté par des canalisations gravitaires depuis des sources captées dans la montagne du Luberon.
Mentionné dès 1403 dans les archives communales, ce bassin fut longtemps un élément clé du système hydraulique du village. Il jouait un rôle agricole et artisanal central. Il a été remanié au fil du temps : son parement en pierre et ses berges ont été stabilisés au XIXe siècle. Classé en 1954 au titre des sitespittoresques, le bassin est aujourd’hui un lieu de rencontre et d’événements. Il sert de décor naturel à plusieurs tournages de films et à de nombreuses festivités d’été.
Le Donjon Saint Michel

Dominant fièrement le village, tel un gardien de pierre figé dans le temps, le Donjon Saint Michel est l’un des derniers témoins du château féodal de Cucuron. Ce vestige imposant, datant du XIe siècle, fut le fief de la puissante famille de Reillanne-Valence, avant de passer aux mains des seigneurs d’Oraison. Abandonné progressivement vers le milieu du XVIIe siècle, l’édifice sombra peu à peu dans l’oubli, jusqu’à ce que ses ruines soient vendues à un particulier en 1791, puis rachetées par la commune.
Aujourd’hui, il ne subsiste qu’une tour tronquée, flanquée d’une tourelle d’escalier ajoutée à la fin du XVIe siècle, témoignant de nombreux remaniements au fil des siècles. On y entre par une porte à linteau sculpté d’une élégante accolade, et l’on découvre à l’étage une salle voûtée, directement creusée dans le rocher. Utilisée aujourd’hui pour des expositions temporaires, cette salle invite à un véritable voyage dans le temps.
Autrefois, un second niveau abritait une salle identique, aujourd’hui transformée en terrasse (fermée au public pour raisons de sécurité), d’où la vue panoramique embrasse tout le territoire de Cucuron : la majestueuse chaîne du Luberon au nord, les collines de Cadenet au sud-ouest, le village d’Ansouis et son château au sud, et bien sûr les toits rouges et le beffroi de Cucuron, dominés par la silhouette de l’église Notre-Dame de Beaulieu.
L’Église Notre Dame de Beaulieu

Majestueusement posée sur une butte, à l’écart du tumulte des ruelles, l’église Notre-Dame de Beaulieu veille sur Cucuron depuis le XIIIe siècle. Son nom, qui signifie littéralement « belle vue », n’est pas usurpé : de son parvis, le regard s’évade vers les toits ocres du village et la plaine du Sud Luberon.
Construite à partir de 1250 pour remplacer l’ancienne église Saint-Michel devenue trop exiguë, cette église paroissiale est un bel exemple d’architecture gothique méridionale, avec des éléments romans subsistants, notamment dans la nef. L’édifice a été modifié jusqu’au XVIIe siècle, ce qui lui confère un caractère composite fascinant. Classée Monument Historique en 1840, elle possède une nef unique voûtée sur croisées d’ogives, éclairée par des vitraux sobres mais lumineux.
À l’intérieur, l’orgue monumental attire immédiatement le regard. Construit entre 1786 et 1788 par Pierre Duges, facteur d’orgues de renom, il a été restauré à plusieurs reprises au cours du XXe siècle. Son buffet en bois sculpté est classé à l’Inventaire des Monuments Historiques, et il continue aujourd’hui à résonner lors de concerts estivaux, ajoutant une dimension spirituelle aux soirées cucuronnaises.
Les trois cloches, fondues respectivement en 1767, 1837 et 1881, rythment encore la vie du village. Le clocher, quant à lui, avec son allure puissante et sobre, servait autrefois de point de repère pour les voyageurs traversant la vallée.
Le quartier environnant, plus ancien que le centre du village actuel, conserve une atmosphère hors du temps. De petites maisons aux murs épais s’y blottissent, témoins des siècles passés. L’église, centre de la vie spirituelle et sociale pendant des générations, demeure aujourd’hui un lieu de recueillement et d’histoire, à visiter absolument pour quiconque souhaite s’imprégner de l’âme provençale.
La Chapelle de l’Ermitage

Ce petit édifice fut dans un premier temps un sanctuaire de pèlerinage, annexe de la paroisse, cité dans quelques testaments à partir de 1292. Au début du XVIIème, l’édifice fut entretenu par une confrérie qui y construisit un clocher en 1602, un ermitage en 1613/1614, et une nouvelle nef entre 1614 et 1620. Le lieu fut régulièrement entretenu et habité par un ou plusieurs ermites jusqu’en 1791. Puis, la chapelle redevint propriété communale après la Révolution. Elle fut restaurée en 1957. De nos jours, ce haut lieu conserve son caractère spirituel grâce à quelques manifestations religieuses et musicales. Découvrez la jolie randonnée de l’Ermitage de Cucuron pour admirer cet édifice et son panorama extraordinaire..
Curiosités & patrimoine
Histoire de Cucuron
Une importante occupation préhistorique est connue à Cucuron. L’origine de son nom tient à la situation géographique du lieu, bâti sur deux mamelons (en celte) : « cuc = mamelon ». À l’époque romaine, de grosses implantations agricoles occupaient tout le territoire de Cucuron. L’occupation du haut Moyen-âge est située à l’extérieur de l’agglomération actuelle. Le village actuel de Cucuron date de 1004. Au XIIIème siècle le village s’agrandit, s’étend hors des remparts et l’église Notre-Dame de Beaulieu devient église paroissiale. Au cours des siècles suivants, la population de Cucuron augmente et atteint en 1719, 3000 habitants. La peste de 1720 détruisit le tiers de la population. L’exode rural et la guerre de 1914 accentuèrent le dépeuplement du village.
Le beffroi

Le beffroi, construit sur une porte de la deuxième enceinte de remparts, date de 1541. Cette porte avait perdu son rôle défensif après la construction de la troisième enceinte.
Il est surmonté d’un campanile, dont le petit clocheton soutient une croix. Sous cette croix, on pouvait autrefois apercevoir un ornement dont la forme évoquait celle d’un insecte.
Les anciens racontaient, avec humour, qu’il s’agissait d’une « barbarota », autrement dit d’un charançon qui venait se loger dans les greniers. Sa présence symbolique au sommet du clocher était censée protéger les récoltes de céréales.
« Quand la barbarota est sur le clocher, elle n’est pas dans le grenier ! »
Le Musée Marc Deydier


Le Musée de Cucuron est installé dans un hôtel du XVIIème siècle, l’Hôtel des Bouliers. Il fut créé en 1970 sur une initiative associative et communale. Il est consacré à  Marc Deydier, autodidacte, notaire, photographe et préhistorien (1845-1920). Ses collections archéologiques présentent des vestiges des civilisations Néolithiques et de l’Age de Bronze. La période romaine est représentée par les mobiliers provenant d’une villa romaine et d’un mausolée d’une famille aristocratique gallo-romaine. Plusieurs salles d’ethnographie locales sont consacrées à la vie à Cucuron autour des années 1900.
La tour « Sus-Pous »

Cette tour appartenait à la troisième enceinte défensive. Construite au sommet d’une butte, elle fit partie de la Citadelle durant les guerres de la Ligue, au XVIe siècle.
Les remparts, ou « barris » en provençal, furent édifiés à différentes époques. La première enceinte entourait la butte Saint-Michel, où se dressait autrefois le château seigneurial. Datant du XIe siècle, il n’en subsiste aujourd’hui aucune trace.
La deuxième enceinte date des XIIe et XIIIe siècles et soutient encore les quartiers du Mourre Frès, au nord, et de Cousto Caudo, au sud.
La troisième enceinte, construite dans la période précédant les guerres de Religion, est la mieux conservée. Elle comprend le Portail de l’Étang, la porte de Ginous et la tour « Sus Pous ».
Des générations de jeunes Cucuronnais ont usé le fond de leur pantalon sur les pentes abruptes de ce « resquiau » en français, un toboggan.
La Glacière
Sur la gauche, devant le rempart, vous pouvez apercevoir les ruines d’un bâtiment rond. Il s’agit des vestiges d’une glacière, qui servait à conserver des blocs de glace à Cucuron.
La glace était utilisée pour traiter les saignements, apaiser les douleurs et les maux d’estomac, ainsi que pour réduire les contusions. Elle permettait aussi de mieux conserver les aliments, notamment les poissons de Méditerranée qui n’avaient été ni salés ni fumés.
Les glacières étaient très ingénieusement aménagées dans la pente du terrain, avec des portes d’accès à différents niveaux pour permettre à la fois le remplissage et le retrait de la glace. Elles possédaient également deux ou trois ouvertures étroites, semblables à des meurtrières, afin d’apporter un peu de lumière et une légère ventilation.
Elles étaient couvertes d’un toit conique en tuiles rondes et, comme les murs, bénéficiaient d’une isolation soigneusement conçue, composée de terre, de copeaux de bois et de paille. La glace pouvait y être conservée pendant au moins deux années consécutives.
Bien qu’enterrée, la partie inférieure était drainée par un petit canal permettant l’évacuation de l’eau de fonte, parfois vers un petit puits.
Lors des périodes de grand froid, l’eau du bassin de l’étang de Cucuron ne gelait que quelques jours par an ; la récolte de la glace devait donc être effectuée très rapidement.
Grâce à sa parfaite isolation intérieure et à la masse de glace entreposée, la glacière conservait une température très basse, même au cœur des étés les plus chauds, et la glace y était parfaitement préservée.
Le portail de l’Etang

Au bas de la rue, nous arrivons devant la porte de l’Étang, construite en 1541 et autrefois appelée « porte de la Burlière », du nom du quartier voisin.
En provençal, « burlière » désigne un lieu où l’on jouait aux boules. C’est l’une des deux portes encore conservées des fortifications du XVIe siècle.
On peut encore voir les ouvertures par lesquelles passaient autrefois les chaînes du pont-levis. Cette porte joua un rôle important pendant les guerres de Religion.
Jours de marché et saveurs locales

Le marché hebdomadaire a lieu toute l’année, tous les mardis matin, autour du bassin de l’étang. Ne manquez pas également le marché paysan, le jeudi de 17h à 19h autour du bassin de l’étang, de mois de mai à octobre.
À Cucuron, ce ne sont pas les bonnes tables qui manquent, à commencer par celle du Chef Eric Sapet, une étoile au guide Michelin : La Petite Maison de Cucuron. Ancien bar de la place de Cucuron, La Petite Maison a su garder sa vocation de convivialité où vous découvrirez une cuisine du marché, ludique où les plus beaux produits de la saison conservent les saveurs provençales d’autrefois.
Non loin du centre du village, se trouve le domaine de La Provence en Bouteille, où Virginie et Benjamin Maurizot cultivent du lavandin bio et d’autres plantes pour en récolter l’huile essentielle, mais aussi pour en faire de délicieux sirops. En plus des champs de lavande, ils cultivent aussi la truffe noire de Provence, la Tuber Melanosporum, qui se retrouve dans les cuisines des meilleurs Chefs et dans les assiettes des fins gourmets. En saison, ne manquez pas non plus de savourer une délicieuse glace d’Anne-Sophie, la fameuse glacière de Cucuron, assis en terrasse ou au bord du bassin de l’étang.

L’histoire de Cucuron se dévoile au fil de ses ruelles : remparts, donjon, citadelle, hôtels particuliers et, de place en place, la présence vivante des fontaines et des lavoirs. Ces lieux conservent également le souvenir de scènes de la vie quotidienne, saisies en photographies à l’aube du XXe siècle.
Trois parcours sont proposés au cœur du village pour partir à sa découverte : le parcours du patrimoine historique, ce parcours de l’eau, et le parcours « Cucuron en 1900 » de Marc Deydier.
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